Logiciel libre : Brésil – France : le match ! Deuxième période ! (2/3)


Pour rappel dans ce « match » qui oppose le Brésil et la France, migrer de manière massive sur des logiciels libres n’est pas actuellement une option courante en France, contrairement au Brésil pionnière dans le domaine. Méconnaissances  du sujet ou habitudes qui ont la vie dure ? Peur du changement ? Difficile à dire. En définitive, seul un gouvernement possède un impact suffisant pour faire avancer de manière significative le développement des logiciels libres et ainsi montrer la voie dans le secteur privé. Voyons de plus près avec la suite de ce dossier,  l’avis des politiques entre les deux pays…

Engagement des gouvernements à promouvoir le logiciel libre ? Brésil 2 – France 0

securitéA l’heure actuelle, le Brésil va plus loin qu’un simple parti pris, selon le journal Folha de S. Paolo, qui cite que « le gouvernement brésilien va interdire l’achat des logiciels qui ne permettent pas leur plein contrôle ». En effet, à partir de cette année le gouvernement n’achètera plus d’ordinateurs ou de logiciels qui ne peuvent pas être audités par le pouvoir public.

Deux raisons à cela : lutter contre l’espionnage et faire des économies.

Selon le même journal « le gouvernement brésilien souhaite avoir le droit de surveiller qui surveille ses concitoyens, et ce dans le but de pouvoir identifier et tracer les tentatives d’espionnage ». Une démarche qui va évidemment dans le sens des solutions libres, le code verrouillé par les droits d’auteur et les brevets logiciels outre-atlantique compliquant drastiquement la tâche pour étudier le code source de manière légale.

Sur le plan économique, le Brésil reste toujours dans l’optique de dépenser plus intelligemment. La gratuité d’utilisation des logiciels libres met fin au renouvellement dans le temps des licences des logiciels propriétaires et  participe en autres à cette logique.

Du côté de la France, sans être complètement ridicule, nous n’en sommes qu’aux balbutiements comme l’atteste la circulaire Ayrault de 2012 qui reconnaît l’existence du logiciel libre. Une analyse certes fine et intéressante, mais qui n’engage guère le gouvernement sur ce qui sera réellement mis en place dans les administrationsPour faire avancer les choses, seule une personnalité politique française devra aborder publiquement le sujet à l’instar du Brésil.

Les avis tranchés de nos chefs d’états ? Brésil 3 – France 0

Président LulaAu Brésil on retiendra surtout le discours symbolique en juin 2009 du président Lula au dixième Fórum Internacional Software Livre axé sur l’idée de liberté, où le concept du logiciel libre prend tout son sens. En 2013 le Conseil ordinaire du marché commun du sud ou Mercosur, qui regroupe les principales puissances économiques d’Amérique du sud, dont le Brésil (représenté par Dilma Roussef) se sont réunis pour le 14ème sommet annuel de l’organisation.

C’est avec un ordre du jour favorable aux logiciels libres que ces nations s’engagent a soutenir et promouvoir « le développement du logiciel libre, qui permettra d’activer le développement régional de solutions […], afin d’atteindre une véritable appropriation, promotion de la connaissance libre et transfert technologique, réduisant la dépendance à des solutions fournies par des multinational ». Un engagement coordonné qui fait encore la part belle aux logiciels libres en Amérique latine.

En France si l’on s’en réfère aux deux derniers chefs d’état, Nicolas Sarkozy et François Hollande, les partis pris sont timides et bien circonspects quoique très similaires de gauche à droite. Ils restent favorable à une présence des logiciels libres, avec des avis qui divergent quelque peu sur la question des brevets logiciels et de la neutralité du net.

Cependant, à l’heure d’un premier bilan, il n’y a peu d’actes à signaler, si ce n’est la circulaire Ayrault peu contraignante, ainsi que le discours de Fleur Pellerin en faveur du logiciel libre. Ces actions bien que saluées par les acteurs de l’Open Source, n’apporte pas réellement de résultats notables. Patrice Bertrand, président du Conseil National du Logiciel Libre, « ne croit pas que les membres de son organisation aient noté de tels changements » même si cela va dans le « bon sens » souligne t-il.

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