Logiciel libre : Brésil – France : le match ! Arrêts de jeux ! (3/3)


Sur les deux derniers articles de ce match palpitant, le Brésil gardait la tête haute en distançant la France dans tous les domaines : migrations massives des administrations publiques sur des solutions libres, engagement unilatéral du gouvernement brésilien et de leurs présidents ralliant même à sa cause les autres grands pays du continent sud américain. Alors est-ce un zéro pointé pour l’hexagone ? Non pas tout à fait, un domaine subsiste où la France s’est engagée de manière significative, suivie de près par un autre pays… le Brésil !

Le cloud souverain un particularisme franco-brésilien ! Brésil – France : 4 – 1

Comme la France, le Brésil a décidé de se lancer dans le développement d’un cloud à la brésilienne ou cloud souverain, en déployant des infrastructures situées géographiquement sur le territoire national et destinées aux entreprises brésiliennes.

Logo de CloudwattEn effet, l’état français a choisi de développer en 2012, la compétitivité  du cloud franco-français, en finançant via la Caisse des dépôt deux acteurs privés : Numergy soutenu par Bull et SFR, puis Cloudwatt associé avec Orange et Thalès. Ces deux sociétés nouvellement créées ont cependant des parcours différents sur le développement de leur plateforme technique. Des débuts plutôt compliqués pour Cloudwatt, qui a accumulé beaucoup de retard sur sa feuille de route, en misant tout sur de l’Open Source  avec le framework  Open Stack. Numergy quant à lui,  s’est dirigé sur des voies moins aventureuses, en adoptant une technologie propriétaire.

Car Numergy a effectivement lancé ses offres initiales sur la technologie VMware, justifiant son choix sur les 80 % des entreprises qui utilisent VMware pour virtualiser leurs objets. Mais c‘est en observant la plupart d’entre elles, que Numergy s’est aperçu  qu’elles se dirigeaient rarement avec succès vers le cloud computing. Puis dans l’optique de répondre présent face à la concurrence, Numergy a préféré inclure Open Stack dans son panel d’offre en développant à son tour sa propre plateforme, sur la base de la version icehouse du framework (9ème déclinaison d’Open Stack).

Mais il y a d’autres raison à cela souligne Patrick Debus-Pesquet, le directeur technique de Numergy qui explique « [] que l’hyperviseur ESX de VMware est cher, ensuite parce que nous ne voulions pas dépendre du plan de développement produits d’un éditeur. Je préfère gérer le risque des votes à mains levées d’une fondation Open Source ».

Dans les fait récents de ce mois de juillet qui animent la dynamique du cloud français,  Cloudwatt relance son offre en proposant de l’IaaS, et dévoile deux services payants qui pourront se combiner: Compute pour le calcul distribué, le développement et les applications SaaS et le Stockage Objet qui permet la sauvegarde, le partage de fichiers sur internet, les applications collaboratives etc.

SERPROQuant au Brésil, le gouvernement s’est lancé à bras raccourcis dans le développement de sa propre plate-forme par le biais de socles open source afin de mettre en place des services tels que le SaaSIaaS, et Paas pour les administrations locales. Dans la pratique, c’est une offre propulsée par la Federal Data Processing Service (SERPRO), seule la partie IaaS est disponible sur une base Open Stack à l’heure actuelle. En clair, l’offre SaaS est encore en phase de conception et s’appuiera sur du Red Hat. A noter que plus de 80 municipalités brésiliennes sont susceptibles d’exploiter ces services dans le cadre d’un plan visant à équiper les villes de technologies numériques. Le Brésil prévoit pour le coût de son opération « une économie de 6,6 millions de dollars par an », pour une dépense « de préparation et migration d’environ 3,9 millions de dollar » en équipements réseaux et serveurs qui solliciteront au préalable trois datacenter.

cloudDans ce match sans appel opposant ces deux pays sur la thématique du logiciel libre, le Brésil distance brillamment France. Un pays qui possède pourtant les moyens, les savoir-faire mais souffre de la comparaison sur le plan politique car les logiciels libres sont encore méconnus par les chefs de file. La France sauve néanmoins l’honneur dans ces arrêts de jeux, par son implication dans  le cloud computing. Elle ne cache guère son ambition européenne en essayant de fédérer d’autres acteur de l’Europe continentale. Il restera à voir si ce marché est suffisamment porteur pour bénéficier de retombées positives…

Au sein de l’équipe nous sommes toujours épatés par l’avance brésilienne sur le sujet qui vient régulièrement agiter l’actualité du libre. Nous avons l’intime conviction que si chacun d’entre nous ajoute une pierre à l’édifice pour la promotion et le développement du logiciel libre en France, cela ne peut qu’aller dans le bon sens. C’est avec cet esprit (mais en gardant les pieds sur terre) que nous avons écrit le guide Solutions Informatiques pour les TPE… avec des logiciels libres pour sensibiliser les entrepreneurs au monde du libre.

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